jeudi 15 août 2013

Comment parler de l'art contemporain?






Comment mettre des mots sur l'art contemporain ...d'abord ceux là...puis trouvez vos propres mots...en prenant appui sur vos propres expériences, sur votre culture:  cinéma, lectures, musique...du matin au soir, vous êtes baigné dans la culture...parfois sans le savoir...mais bon!  Reprenez le pouvoir sur votre esprit, ne le laissez pas entre les mains de ceux qui vous bourrent le crâne d'idées toutes faites, qui vous poussent à acheter toujours plus des saloperies inutiles qu'ils souhaitent vous vendre!

Merci aux canadiens pour ce petit guide  qui donne des pistes pour entrer dans cet univers symbolique.




Grandes questions, réponses courtes…

inspiré et adapté à partir d’Itinéraire d’Art contemporain (Musée d’Art de Joliette, Canada)  site www.itinerart.ca

R. On peut dire aussi bien art contemporain qu’art actuel. Dans les deux cas, il s’agit de l’art qui se pratique aujourd’hui. Le terme art contemporain est plus généralement utilisé, car il est plus englobant.
Les termes modernisme et art moderne se réfèrent à l’art qui se pratique entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle en Occident. Les artistes, aussi bien en arts plastiques qu’en architecture, rejettent les conventions du passé et cherchent de nouvelles avenues qui seraient plus adaptées au monde dans lequel ils vivent. L’art moderne se termine vers la fin des années 1960. On situe le Monochrome bleu de Yves Klein dans la période de l’art moderne.



R. Les spécialistes situent le début de l’art contemporain au début des années 1970. Les artistes poursuivent les transformations amorcées par les artistes de la période d’art moderne. On assiste alors à une période d’intense créativité et à une multiplication de mouvements artistiques qui veulent révolutionner les pratiques.


artistes poursuivent les transformations amorcées par les artistes de la période d’art moderne. On assiste alors à une période d’intense créativité et à une multiplication de mouvements artistiques qui veulent révolutionner les pratiques.



R. C’est la production artistique de maintenant. Les sujets et les médiums sont très diversifiés. Par leurs préoccupations aussi bien sociales que plastiques, les artistes sont souvent en avance sur leur temps. Claude Viallat utilise des matériaux de récupération. Découpés, étirés, épinglés au mur, ils deviennent des objets intrigants qui font réfléchir sur la place des rebuts dans notre société ; ainsi l’artiste participe à la critique de la société de consommation.



R. Une œuvre abstraite n’imite pas la réalité visible telle que tu la perçois. On y voit un agencement de formes ou de couleurs. Des peintres comme Janos Ber ou Per Kirkeby jouent avec des formes et des couleurs. D’autres manipulent la matière et les couleurs, comme Lawrence Caroll
R. C’est souvent après coup que l’on peut nommer un mouvement en art. Et ce sont souvent les critiques d’art qui le nomment. Un mouvement est un regroupement d’artistes qui proposent une nouvelle manière d’envisager l’art. Parfois, les artistes se regroupent physiquement et travaillent ensemble. À l’occasion, le mouvement déborde les frontières et des artistes de plusieurs pays s’en inspirent et l’adaptent à leur contexte social et artistique.
Par exemple, le Pop art a pris naissance aux États-Unis et en Angleterre. Des artistes français se reconnaissent dans la figuration narrative ont produit des œuvres dans le même esprit.
Le travail de chaque artiste est unique et il peut changer sa manière de peindre ou de sculpter au cours de sa vie.  On peut citer BMTP avec Buren, Mosset, Parmentier, Torroni  ou supports-surfaces avec Viallat, Dezeuze, Bioulès et Pincemin, notamment.


R. Oublie tes préjugés, accepte d’être surpris et fais-toi confiance. On peut éprouver un ensemble de réactions entre le dégoût, la surprise, l’admiration, l’humour... Les artistes ne cherchent pas nécessairement à rendre le beau, ils veulent aussi nous déstabiliser, nous forcer à réfléchir et à avoir une opinion. Ils se nourrissent de la vie qui nous entoure et nous donne le monde à regarder.
La meilleure manière de se familiariser avec l’art contemporain c’est… d’en voir pour pouvoir faire des liens. Les textes d’introduction, les cartels (l’affichette placée à côté de l’œuvre) dans les musées, les livres d’histoire de l’art sont une bonne manière de démystifier l’histoire de l’art et d’apprendre cette « langue » étrangère.

R. C’est facile, voire réducteur de dire ça ou encore quand il ne s’agit pas de paresse intellectuelle. L’enfant dessine spontanément tandis que l’artiste est conscient de l’image qu’il crée. Ce n’est pas parce que tu ne maîtrises pas ce langage et que tu te sens privé de repères que l’œuvre est vide. La difficulté pour un artiste est de garder la simplicité de l’enfance tout en mettant à profit sa maturité.
Il ne faut pas regarder l’art contemporain comme on regarde un tableau ancien. Il peut nous paraître fait de débris, mal fait, ou pire encore trop simple comme dans le cas des bandes verticales de Daniel Buren  ou les voitures compressées de César. Mais pour oser faire cela au moment où cet artiste l’a fait, il faut être audacieux et vouloir briser des codes. Le 1er artiste s’intéresse à l’interaction entre les couleurs et non à la représentation de la réalité, le second est fasciné par l’enchevêtrement et l’aspect minéral des tôles compressées.

R. La sculpture ce n’est plus seulement un objet en marbre ou en bronze sur un socle. Elle est maintenant complètement éclatée. Les sujets traités, les matériaux et les procédés techniques utilisés sont très diversifiés. Les œuvres suivantes sont toutes des sculptures : Une sculpture de Richard Serra est faite de murs d’acier courbes et soudés, une autre de Sarah Frances Khun est en plexiglass thermoformé, moulé et assemblé, etc...
Tu liras parfois sur les cartels le mot « installation ». Il est parfois difficile de tracer la frontière entre l’installation et la sculpture. La plupart du temps, l’installation se déploie dans l’espace. Le Leviathan d’Anish Kapoor est quand à lui éphémère, mais reproductible. Certaines sont même créées spécifiquement pour le lieu dans lequel elles sont exposées. « l’emballage du Pont Neuf » par Christo.



R. Dans la peinture de paysage classique, ni dans l’art contemporain, tu ne peux être certain que le paysage que tu as devant les yeux existe vraiment. Même si il paraît réaliste comme chez Jérémy Liron Il peut être un assemblage de croquis, de photographie que l’artiste a collectés et qu’il combine. Les artistes représentent la nature sans l’imiter. Et paysage ne veut pas nécessairement dire campagne, nature. Un paysage peut être industriel ou urbain comme dans l’arsenal de Toulon vu par Jacqueline Salmon.

R. Tout comme la peinture de paysage, les natures mortes, les nus, le portrait est présent dans l’histoire de l’art en Occident. Avant l’apparition de la photographie, certains portraits avaient une fonction informative : la fiancée voulait bien savoir de quoi avait l’air son fiancé! Dans les portraits de Hans Silvester, la personnalité de chacun se dégage en fonction des cadrages : plan d’ensemble surexposé pour Massimo Vitali, plan rapproché mais formes altérés, pour Thupinier et Baselitz. Sous des angles étranges et avec des ajouts de peinture pour Sarah Moon.



R. C’est un désir fort, qui pousse les artistes à réaliser quelque chose que personne ne leur demande de faire et auquel ils consacrent leur vie. Ils constatent, dénoncent et proposent un regard critique et personnel parfois humoristique sur la société. Des artistes comme Baselitz ou Carmen Calvo font des œuvres dont le point de départ est quelque chose de personnel, mais qui rejoint l’universel.
Les artistes actuels sont aussi en lien avec les artistes qui les ont précédés. Ceux qui étudient dans les écoles des beaux-arts apprennent à maîtriser des techniques, suivent des cours d’histoire de l’art, discutent des enjeux esthétiques pour acquérir une autonomie créatrice et intellectuelle. On apprend encore de nos jours à dessiner, à peindre, à sculpter des nus, des natures mortes à partir de modèles. Pour briser les règles, il faut maîtriser les techniques, connaître les références historiques pour parfois s’en inspirer ou pour s’en moquer.


R. Sauf dans quelques cas où la religion interdisait la représentation humaine (islam et judaïsme), le corps humain, habillé ou dénudé, a toujours été présent dans l’art. Mais la manière de le représenter est marquée par des changements profonds au cours du XXe siècle. Le corps devient un sujet de réflexion privilégié, car le moteur de l’art actuel est souvent le « moi », l’intime.
Certains artistes utilisent leur propre corps comme un médium : ils testent les limites de l’esprit à supporter la souffrance, la relation entre le nu et l’habillement, l’interne et l’externe, la partie et le tout, soit en le modifiant, soit en le mutilant, en se métamorphosant, et en se photographiant lors de performances et de happenings. La mise en scène du corps permet de réfléchir sur les questions d’identité et de sexe. C’est ce que fait le body art et certaines expériences de John Cage au Black Mountain College.





R. Ils utilisent de tout…. du crayon à mine aux rebuts domestiques en passant par les nouvelles technologies, la peinture à l’huile, la photographie et l’estampe. Claudio Parmeggiani utilise souvent la suie et la cendre pour faire des sculptures d’ombres.
Les artistes transforment les rebuts en objets d’art, parfois en les manipulant pour les rendre méconnaissables. Le même Claude Viallat découpe et étire des toiles de sac pour réaliser ses  tentures et autres kakemono.
Les artistes d’aujourd’hui utilisent fréquemment la photographie, la vidéo et Internet. Ces médiums permettent d’intégrer plusieurs pratiques : le réel en direct, l’image fixe, l’écriture cinématographique. Ces appareils qui font maintenant partie du quotidien sont des témoins fidèles et discrets, mais également manipulables facilement grâce à l’ordinateur.

R. Tous les artistes en arts visuels ne deviennent pas des vedettes ce qui ne signifie pas que leur production artistique n’est pas intéressante. Les arts visuels occupent une place plus restreinte dans notre société que le cinéma, la chanson ou le sport. Il y a moins d’acheteurs d’œuvres d’art que d’acheteurs de disques. Sans la présence d’individus souhaitant acquérir des œuvres, il n’y a pas de marché. Les galeries se développent dans des villes où il y a des gens riches, comme Londres, Paris ou New York.

Les artistes sont généralement peu connus du grand public et doivent faire un autre travail pour vivre, par exemple, l’enseignement ou un travail technique dans un musée. Un artiste peut acquérir une renommée quand ses oeuvres font partie de collections privées ou de musées qui jouissent d’une bonne réputation dans le milieu de l’art national et international et lorsqu’il participe à des expositions à l’étranger. Les critiques d’art, les propriétaires de galeries, les conservateurs de musées et les commissaires d'exposition jouent un grand rôle dans la notoriété d’un artiste.


R. La reconnaissance du grand public est longue et difficile à obtenir et tous ne sont pas désireux de fournir les efforts nécessaires à cette reconnaissance. En chanson par exemple, ce ne sont pas tous les artistes qui sont prêts à accepter tous les sacrifices qu’a faits Céline Dion pour devenir une vedette internationale.
Pour se faire connaître, les artistes sont généralement représentés par une galerie, qui organise des expositions dans leur lieu et dans les musées et exposent les œuvres aux grands événements artistiques internationaux. Ainsi durant 40 ans, Baselitz  a été représenté par la Galerie de son ami Werner à Berlin.
D’autres sont des événements à caractère muséal comme La Documenta de Kassel en Allemagne ou la Biennale de Venise auxquelles les artistes sont conviés par des commissaires.





R. Les prix varient en fonction de la rareté de l’œuvre, de la période à laquelle elle appartient dans la production d’un artiste, de son originalité dans la production artistique de son époque, de sa valeur symbolique. Les œuvres d’un artiste deviennent plus coûteuses après sa mort. Malgré de rares exceptions, les artistes en arts plastiques sont rarement aussi riches de leur vivant que les vedettes de cinéma ou du sport.
Les artistes doivent assumer les frais de fabrication de leurs œuvres. Règle générale, les galeries gardent 50 % du prix de vente d’une œuvre pour couvrir leurs frais : publication de catalogues, loyer de la galerie, transport des œuvres, promotion de l’artiste dans les foires d’art international, etc.

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