dimanche 28 février 2016

On s'y croirait... ou un Polar bien fichu!

                         L'autre jour en critiquant un certain bouquin je vous disais lire un excellent petit Polar.


Voici le moment de vous en parler.




Ce bouquin s'appelle  "Territoires"  et il est écrit par Olivier NOREK

Non seulement c'est bien parce que c'est écrit par un vrai flic du 9-3  mais en plus le dit-expert échappe aux inconvénients fréquents de ce genre d'écrivain, l'excès de réalisme, trop de détails, trop de procédure pour nous prouver qu'il sait de quoi il parle.

Pas de longues tirades sur la misérable condition de flic; non, juste l'action, un peu de psychologie mais pas trop...et surtout ce qui est agréable un vrai rythme et un vrai style: donc un bon polar, réaliste, noir et bien enlevé. Que demander d'autre ?  Lisez le!



mardi 23 février 2016

Pour Kamel DAOUD







            Kamel DAOUD est non seulement un homme rare, mais c'est un homme indispensable. 

Pourquoi est ce qu'on s'intéresse à la culture, à l'art, à la littérature?   Si ce n'est pour dépasser les préjugés et dénoncer les clichés, les nôtres comme ceux des autres!

Sinon pourquoi vivre, respirer, réfléchir...What else?    

Cher Kamel DAOUD que je partage ou pas vos propos, vos idées, elles font du bien, car elles versent de l'intelligence au débat. Car, il y a toujours un débat, et il faut que les idées se frottent, qu'elles se cognent, et qu'à la fin nous en soyons enrichis à défaut d'être convaincu. C'est cela la culture, et tous ceux qui ne l'admettent pas sont un danger contre cet esprit d'échange et de saine confrontation!

Messieurs les censeurs, les contempteurs du politiquement correct  "Vos gueules! S'il vous plaît!"
Vos charges ineptes sont dignes du regretté René Girard  et dans votre quête du bouc émissaire vous démontrez votre nudité intellectuelle...donc rendez nous service, sortez à découvert, que nous sachions vos noms et puissions désormais dénoncer votre intolérance.

A quel degré de cécité intellectuelle faut il arriver pour nier que l'islam comme toutes les religions a des périodes de gène par rapport au corps, par rapport à la nudité, et par rapport aux plaisirs amoureux?   L'occident chrétien a eu les mêmes dérives...doit on ignorer un problème qui nous gêne?

 Ce serait une trahison intellectuelle. Tous les musulmans ne sont pas des frustrés sexuels, mais la religion a tendance à mettre à l'index, ce qui écarte un temps de Dieu. A nous, humains, de prendre notre liberté et de concilier religion et plaisir: tout l'enjeu est là. 

Ceux qui nient cette tension sont à plaindre car ils sont aveugles de l'esprit, la pire des cécités!





samedi 20 février 2016

Un polar raté ... ou encore il y a Desjours creux!

Oui derrière ce pathétique jeu de mots, il y a quand même des remarques édifiantes à fournir pour mes amis amateurs et lecteurs de polar.


Comme pour le roman de Karine Giebel, "meurtres pour rédemption"  je me dois d'être assez critique sur cet opus de Madame Ingrid Desjours.

L'humour réside déjà dans le titre  "Tout pour plaire". Et bien non, cher Ingrid Desjours: c'est loin de me plaire!

Dans le cas de Karine Giebel (cf  un autre article ici présent) le problème venait de la longueur. D'abord nombre d'éditeurs, à la vue du succès d'un écrivain, prennent la mauvaise décision de publier une oeuvre de jeunesse sans leur faire réécrire: et ça c'est assez lamentable!





Dans ce cas précis, c'est un autre problème: une intrigue et des personnages non maîtrisés.  On nous dit que l'auteur écrit des séries télé; fort bien; mais si le résultat c'est cet enchaînement d'actions brouillonnes, entreprises par des personnages dont la psychologie se résume à 3 lignes, cela pose questions. 

Non seulement on tourne en rond dans une intrigue des plus minces, mais en plus les personnages développent des pensées et des conclusions dignes des émissions d'endemol.

Donc passez votre chemin littéraire et allez vers des bouquins plus authentiques ou mieux pensés  (là j'en ai un dans les mains dont je vous parlerai bientôt).

Je suis honnête et obstiné, et donc nous avons tous a droit à l'erreur, et je lirai autre chose de cet auteur.




dimanche 14 février 2016

Eloge du Nanar...pas Tapie

Parfois, il faut savoir renoncer à tout snobisme culturel...  

...et, sortant des chantiers balisés du cinéma "art et essai", parvenir à s'aventurer en dehors des cinémas coréens, afghans ou iraniens...oui, je sais, je vous en demande beaucoup...mais je vous en sais capable!

Donc foin du petit cinéma où vous êtes bien au chaud entre l'instit à la retraite et le fonctionnaire syndicalisé qui se valorise (espèce en voie d'extinction), orientez vos pas vers un ignoble complexe dont l'odeur de pop corn et l'enfilade des boissons inutiles vous révulsent. Courage!

Une fois cet exploit fourni, il vous reste à prononcer devant la caisse le nom du film "indigne" que vous allez voir. Ce jour là, j'ai éructé:  "Deadpool" s'il vous plaît, rougissant comme un puceau qui demande une boîte de capotes au pharmacien hilare.  

Dans le noir, nous sommes tous frères, que ce soit du premier degré, comme ceux du troisième. Et oui, ce film est un O.V.N.I, qui permet à chacun d'y puiser selon ses besoins. J'avoue avoir savouré le pastiche de super héros, une mise en abyme faite par Marvel itself.  
Jouissif, décalé, absurde...un film sur le plus incorrect des "superhéros", joué par un ryan Reynolds impeccable.   Allez y avec un côté sale gosse, et l'autre amoureux des références, et vous sortirez en forme.


mercredi 10 février 2016

La photographie est elle un art2 : l'exemple de Jacqueline Salmon

Suite...

Et puis, j'ai évoqué un autre glissement pour que la démarche ressorte de l'art. Jacqueline Salmon comme nombre d'artistes peintres, sculpteurs, photographes, avant elle, va travailler sur un axe parallèle mais un peu différent qui est celui de « liste ».
Philosophiquement, la première chose qui frappe dans notre rapport aux listes réside dans le sérieux avec lequel nous les élaborons. La liste tend à l’exhaustivité, au point pour certains d’entre nous, de devoir noter un élément oublié de la liste pour le barrer aussitôt s’il n’a plus de raison d’en faire partie. Pourtant, la liste contient toujours un élément manquant, et il curieux de remarquer avec quelle facilité nous nous accommodons de l’impossible encyclopédisme de la liste. Une liste ne fait jamais le tour d’une question. Elle est de préférence verticale, et la plupart du temps, elle court de haut en bas. Dans cette forme pure de la liste, il n’est besoin de rien d’autre que des mots. Qu’est-ce qui nous touche, nous émeut, nous fait frissonner ou nous assomme d’ennui dans une liste ? 

La force poétique d’une liste est en quelque sorte purement mallarméenne. Le mot qui trouve place dans une liste est « décolé » et émancipé des contraintes sémantiques pour être la plupart du temps renvoyé à sa seule fonction référentielle. de tout bouquet. Il y a certes, dans la liste, une dimension un peu stupide d’accumulation. Mettre en liste, c’est compter. En dessous d’un certain nombre d’items, une liste ne vaut rien. D’où l’aspect narcissique de certaines listes, comme la collection des conquêtes amoureuses. Y a-t-il un sujet de la liste ? On voit d’abord mal quelle énonciation pourrait être compatible avec une simple liste. C’est d’ailleurs ce retrait du sujet qui contribue à la solennité de la liste de morts. Même si elle est proférée, la liste des morts n’est pas une énonciation subjective. À travers les voix prêtées à la liste, c’est la communauté qui parle.
Esthétiquement, pour ne parler que d'une période encore récente cette tradition d'oeuvres en liste ou en répétition existe chez Paul Cézanne (la Sainte Baume ad libitum) ou chez claude Monnet (une indigestion de cathédrale de Rouen). Malevitch jouera plus tard avec tous les carrés du monde, comme Pet Mondrian déclinera ses motifs en lignes à l'envi. Plus récemment Claude Viallat ou Dominique Buren ont érigés la répétition de motifs comme technique créative.
Depuis Man Ray, la photographie avait également abordé cette envie répétitive, mais c'est le Pop Art qui s'est servi de la photographie pour se libérer du motif en le démultipliant. Donc Jacqueline Salmon reprend cette approche de listes notamment dans ses portraits pour, elle aussi, dépasser l'individu. Un portrait n'a de sens que pour la personne concernée, et, à la limite celui qui y trouve une mémoire récente ou ancienne. Mais une répétition de portraits (près de 150) apporte une autre vision, car ils se complètent, ils sont en résonance et sont comme autant de touches de couleur dans une toile impressionniste.
On peut aussi faire le parallèle entre les barbules qui représentent les vents et les portraits qui représentent les toulonnais. Chacun semblant suivre sa route et sa vie alors que la vue d'ensemble nous donne l'impression d'une organisation qui les dépasse et qui pourrait s'appeler Toulon !

L'ordre qui s'installe dans un désordre ambiant nous voici au centre de la théorie du chaos : somme d'individus avec des histoires différentes, des migrations, des immigrations, des passages, des voyages. 
Finalement le propre d'une véritable artiste est de posséder son style, sa forme d'écriture artistique propre. Jacqueline Salmon par sa manière poétique de retraiter le document, par ce lien permanent entre présent et passé a une écriture propre dans la photographie. Son regard qui s'efforce de regarder les ruines, les traces, les objets désuets, non pas comme des vestiges nostalgiques, mais comme une autre façon d'interpréter et d'interroger la ville actuelle, l'homme d'aujourd'hui et la vie de tous les jours.

dimanche 7 février 2016

Dans le série: la photographie est elle un art? voici l'exemple de Jacqueline Salmon



A l'Hôtel des Arts de Toulon  jusqu'au 24 avril 2016 

"42,84 km2, sous le ciel"   résidence à Toulon de la photographe Jacqueline Salmon



J'ai eu la chance de participer à ses recherches, à ses préparations et j'ai ainsi compris que son manque apparent de méthode en est une en soi. Pour l'avoir vu remplir ses cahiers d'observations sur ses « portraiturés » : le lieu de rencontre, les âges, les coordonnées, et surtout leur histoire, avec leurs mots. Pour le reste, elle rassemble des objets et des lieux avec la même apparence de fortuité. Derrière cette élégance de pseudo-dilettante, il y a un regard, une empathie, et la volonté de créer un lien, tant avec l'objet que la personne. Une fois en chasse, rien ne l'arrête, Jacqueline est une prédatrice de moments, elle subtilise votre émotion comme s'il s'agissait d'une substance rare. C'est peut être en cela que réside son art. Cartier Bresson parlait du « moment décisif » où la photo s'imposait, pour Jacqueline Salmon c'est elle qui prépare et qui ensuite provoque ce moment volé. Et ce travail d'approche est partie intégrante de sa méthode, je dirais même qu'il est plus important que la prise de la photo.
Pour nous faire traverser tous ces lieux et croiser ces objets a priori hétéroclites, Jacqueline Salmon a choisi un fil rouge, ou plutôt un truchement, un messager...le vent !
Certaines villes possèdent des caractéristiques propres : Toulon, pour Jacqueline c'est une ville dévolue au vent. Sa position géographique, sa rade abritée, ses rues, ses paysages sont marqués et façonnés par Eole. Cette dévolution qui devient dévotion a abouti à donner à cette ville variété et énergie.


Comme autrefois Janus Toulon est une ville à deux faces :
un côté clair, lumineux, ouvert...
Toulon est un port qui a était le lieu de départ de nombreuses expéditions, et à ce titre elle est une ville porteuse des valeurs des lumières : les livres de bord de La Pérouse, de Dumont d'Urville, les photographies d'indigènes rencontrés...comme une volonté de comprendre, de découvrir le monde !
Dans la même ouverture, il y a ce livre de la Franc-Maçonnerie avec tous les espoirs humanistes qu'il comportait.
Une ville faite de lieux de mémoire, de lieux perdus, est aussi le réceptacle des nombreux voyages de ses marins. Tel un cabinet des curiosités géant, toutes les maisons recèlent ces traces du passé. Derrière les hauts murs de l'arsenal, il est aussi des lieux mystérieux où résident ces traces. Le musée de l'uniforme fait partie de ces lieux un peu secret. Un sous marin nucléaire d'attaque est également un secret, mais récent, que cette ville cache.
A ce moment, on peut distinguer le côté sombre de cette ville.
Ce sous marin peut également illustrer la peur du nucléaire, si proche, si peu visible. Ces mêmes vieilles rues ne laissent plus apparaître que des fragments de l'histoire du petit Chicago, réputation de la basse-ville dans les années 20 et 30, jusqu'à l'après guerre. Les mêmes apparences de civilisation peuvent masquer l'arrogance de cette humanisme dominateur. Les dessins des indigènes démontrent cette ambiguïté historique.
Les vieux rôles du bagne témoignent également de toutes les peines et douleurs que ces lieux ont abrités. La légende de Jean Valjean envoyé au bagne de Toulon pour le vol d'un pain de 5 sous n'est pas exagéré.
Vous vous rappelez que j'ai commencé par parler de la stratégie de Jacqueline Salmon pour échapper à ce terrible reproche fait à la photographie de n'être qu'à vocation utilitaire, au mieux illustrative.

Non seulement nous avons parlé de sa poétisation du portrait de la ville par le truchement du vent, mais il y a chez Jacqueline Salmon comme pour de nombreux artistes contemporains un recours à des glissements ou à des changements d'axe...à suivre
En vente dans toutes les bonnes librairies: