dimanche 19 juin 2016

Le monde à l'envers ou le Japon vu d'un autre angle...

Tout commence par les bouquins de Pierre-François SOURYI

D'abord soyons chronologique:  "Histoire du Japon médiéval"  en poche chez tempus




puis chez Gallimard (bibliothèque des idées) "Moderne sans être occidental"  





Dans ces deux ouvrages la thèse de PF Souryi est la même, et elle est assez convaincante: le Japon n'a pas eu besoin de l'Occident pour être en mouvement, et pour être une nation moderne et un peuple dynamique!

Le Moyen âge fut pour le Japon une époque de grands bouleversements et de désordres apparents. L'auteur a appelé cette période "le monde à l'envers"  car les petits s'en prennent aux seigneurs et toute autorité est alors instable. Mais en revanche, tout un monde alors apparait, des artistes, des conteurs, des artisans et c'est un Japon nouveau, différent de la Chine qui va se créer.

Cette idée, il va la poursuivre lorsqu'il affirme que l'intervention de l'occident à l'ère Meiji n'a fait qu'accélérer un mouvement déjà interne à ce pays...cela permet de découvrir qu'il a existé et qu'il existe toujours une autre voie vers le progrès que celle de l'occident!

vendredi 10 juin 2016

Chers ordures!


Merci à nos éboueurs grévistes de nous amener à nous pencher sur cette matière hautement culturelle et artistique: le déchet, l'ordure.



UN peu de wikipedia:  de la préhistoire à monsieur Poubelle...

Pendant la Préhistoire, les hommes se contentent de laisser leurs déchets dans la nature. Essentiellement des restes de nourritures, ceux-ci se décomposent selon le cycle naturel et sont produits en petite quantité. Le problème des déchets apparaît avec le développement des villes où les ordures s'entassent sur la voie publique.
En 1185, incommodé par la puanteur, Philippe Auguste commande au prévôt de Paris d'organiser avec les bourgeois le pavage des principales rues de Paris3. Pendant le Moyen Âge, les décrets royaux se succèdent pour améliorer la gestion des déchets. Néanmoins l'absence d'égouts fait que les caniveaux au milieu des rues pavées sans trottoirs servent encore de rigole d'écoulement pour évacuer les eaux de pluies et les eaux usées déversées par les habitants. Les résidus et déchets trop encombrants sont quant à eux abandonnés dans des dépotoirs aux abords des villes. On appelait « voiries » des lieux « où l'on portait les ordures, les immondices, les vidanges, les fumiers et les débris d'animaux »4. À Paris, entre 1750 et 1850, la voirie de Montfaucon en fournit un exemple typique.
Certains déchets sont mélangés aux contenus des fosses d'aisance pour servir d'engrais. À la fin du XIXe siècle, l'industrie utilise de plus en plus les matières plastiques et l'agriculture les engrais issus de la carbochimie (phosphates fossiles, fertilisation azotée), ce qui entraîne le développement du système des décharges5.

Il faut attendre le XIXe siècle pour que l'hygiène et la salubrité publiques deviennent un véritable sujet de préoccupation. La révolution arrive avec le préfet de la Seine Eugène Poubelle qui met en place un premier arrêté le obligeant les propriétaires parisiens à mettre à disposition à chacun de leurs locataires un récipient destiné aux ordures ménagères. Par glissement sémantique, ces récipients prennent vite le nom de « poubelles ». Le pavage des rues devient systématique, les égouts se multiplient et le développement de l'adduction d'eau vise à équiper les ménages mais aussi à nettoyer l'espace public6.


Dans l'art contemporain, le déchet est devenu  une matière artistique symbolique de notre société et les artistes s'en sont emparés:      Les artistes et les ordures...



Et puis depuis lors  les ordures font partie de notre quotidien.  Elle sont sujets de littérature  dans "les météores" de Michel Tournier avec le prince des gadoues, personnage unique et incontournable de ce roman. Dans "l'apprentissage de la ville" de Luc Dietrich  ce sont ces zones parsemées de déchets qui rassurent le héros et lui donnent abris.   Les ordures peuvent aussi représenter une maladie, une grave névrose: le syndrome de Diogène est une pathologie qui devient connue, si ce n'est courante. La syllogomanie!


Le Figaro  Santé



Quand accumuler des choses devient pathologique

Mots clés : psychiatrie, TOC, psychologie
Par figaro iconPascale Senk - le 21/03/2013
Être attaché à certains objets, c'est normal. Mais avoir du mal à jeter quoi que ce soit peut relever de la maladie mentale.


 Est-ce parce qu'elle est emblématique d'une époque qui produit en masse, et vante l'acquisition d'objets tout en ne sachant quoi faire de ses déchets que la syllogomanie - étymologiquement «goût immodéré pour l'accumulation» - est devenue le trouble psychique le plus fascinant du moment? Pour preuves, le succès aux États-Unis de la série de téléréalité Hoarders (traduire les «amasseurs» ou les «engrangeurs») qui montre des thérapies de collectionneurs pathologiques ; la multiplication, sur Internet, des forums et sites spécialisés où s'expriment essentiellement les proches ; enfin, l'intérêt des chercheurs. Il est tel que le DSM-V(1), bible de l'American Psychiatric Association qui sortira en mai prochain, débat actuellement de la nécessité de faire une place entière à cette maladie qui jusque-là était considérée comme une sous-catégorie des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
C'est que le mal est multiforme. Il concernerait actuellement 2,3 à 4,6 % de la population générale, mais il attaque à des degrés variables et se retrouve autant dans des troubles mentaux comme la schizophrénie que dans des cas d'hyperactivité. Sous ses formes les plus légères, il amuse (le dressing de madame plein à ras bord). Mais il peut aussi devenir menaçant, quand peu à peu l'espace vital d'une famille dans sa maison se réduit. Enfin, il dégoûte et horrifie quand il s'est transformé en «syndrome de Diogène», entraînant celui qui en souffre à se retrouver coincé - parfois jusqu'à la mort - sous ses propres détritus, comme le montre un récent DVD pédagogique à usage des soignants produit par l'Afar.

Incapables de renoncer

La syllogomanie génère aussi, actuellement, des créations d'emplois, les «organizers coachs», qui aident des personnes de tous milieux sociaux se sentant «dépassées par leurs possessions» à ranger, trier… et jeter. Anouk Le Guillou, qui à travers sa société Place Nette offre ce type de service, est quotidiennement en prise directe avec ce trouble, qu'elle a appris à repérer… Et à mesurer. «On m'appelle en me disant “Au secours, j'ai un problème de placards”…, et peu à peu, en visitant l'appartement, je découvre qu'il y a trop d'objets partout.» Des vêtements empilés dans une baignoire dont on ne se sert plus, des piles de livres encombrant les escaliers jusqu'à ne laisser qu'un infime passage… «Seules, ces personnes ne savent plus comment s'en sortir, elles ont besoin d'une aide concrète pour oser jeter.»
Car le volet le plus prégnant de la maladie ne réside pas dans la «collectionnite aiguë» et l'obsession d'accumuler, ce qui la rapproche de l'addiction, mais plutôt dans l'incapacité à renoncer: «Tout mérite d'être gardé, observe Anouk le Guillou. Ce bibelot ébréché offert par une tante qu'on ne voit jamais, ces 12 bouteilles de savon liquide en promo au supermarché… Entre leurs attachements affectifs aux objets et leur peur de manquer, ces personnes se retrouvent incapables de faire des choix, et de jeter.» Une récente étude vient d'ailleurs de montrer que les patients atteints de «hoarding disorder» ont une suractivité cérébrale spécifique lorsqu'on les met en situation de choisir de garder ou non un objet qui leur appartient (même s'il s'agit de vieux journaux).

Un trouble qui se transmet

Et puis, latente ou avérée, la dépression n'est jamais loin. Anouk Le Guillou considère que 60 à 65 % des clients qui font appel à ses services ont traversé de grosses périodes de déprime, ou sont en plein dedans. «Ils me le confient: ils se sont laissé envahir au moment où ils allaient mal, observe-t-elle, et n'en sont pas ressortis.»
Au départ, il peut y avoir un trauma déclencheur. Jessie Sholl, écrivain new-yorkaise et fille d'une accumulatrice compulsive, raconte dans son livre Dirty Secret (témoignage de sa propre survie dans un tel contexte) que sa mère avait certes toujours eu tendance à garder des bibelots, photos ou rubans pour, disait-elle, «donner libre cours un jour à sa créativité». Mais c'est au moment où cette artiste en herbe a perdu son compagnon depuis dix ans qu'elle «plongea» dans l'entassement. Pour sa fille, la maladie commence d'ailleurs quand une pièce de la maison familiale est sacrifiée à l'accumulation d'objets inutiles.
L'entourage des accumulateurs compulsifs s'exprime désormais et c'est une avancée parce que jusque-là ceux-ci étaient contraints au silence par la honte. Or, ce sont presque toujours eux qui peuvent diagnostiquer le trouble chez leur proche et prendre des mesures, en mettant des limites à son comportement, pour l'aider. De plus, on sait désormais que la syllogomanie se transmet dans les familles. De nombreux accumulateurs compulsifs, lorsqu'on le leur demande, peuvent parler d'un oncle ou d'un grand-père «ayant tendance à tout garder»…
Le seul traitement connu à ce jour est un retour régulier au tri. Anouk Le Guillou passe ainsi deux heures par mois chez ces anciens clients qui connaissent désormais le mal dont ils souffrent. Tels Sisyphe, ils se remettent régulièrement à l'épreuve de jeter… Car l'envie d'accumuler, elle, ne les lâche pas.
(1) Diagnostic ans Statistical Manual of Mental Disorders

dimanche 5 juin 2016

de L'influence du climat sur nos comportements

Il faut parfois lire "Alternatives économiques"   ça peut être drôle et instructif


De l'influence du climat sur nos comportements

Cyril Lemieux
Alternatives Economiques n° 311 - mars 2012
couverture
2012 : la bataille des classes moyennes
mars 2012
L'influence du climat sur les moeurs et les institutions humaines relève de la " mythologie scientifique ". En revanche, les températures peuvent modifier indirectement notre organisation sociale.
La vague de froid qui s'est abattue le mois dernier sur l'Europe a-t-elle eu un effet sur nos comportements collectifs et notre rapport aux institutions ?
La question peut paraître saugrenue.
Elle n'en a pas moins un fondement ancien dans la tradition sociologique.
Ainsi, dans son ouvrage sur Le suicide (1897), Emile Durkheim observe-t-il une forte corrélation entre l'élévation de la température et les penchants suicidaires.
Les statistiques dont il se sert montrent, sans aucun doute possible, que plus il fait chaud, plus le nombre de suicides augmente.
Quelques années plus tard, son disciple Marcel Mauss mettra en évidence que dans les sociétés eskimos, plus le climat devient rigoureux, plus les populations sont portées au " communisme sexuel"

Certes c'est vieux de 4 ans mais ça marche toujours...notamment  les inondations peuvent aussi  noyer les grèves.