jeudi 24 novembre 2016

Si les grands écrivains étaient des idéologues à suivre, on le saurait!

Ou la nouvelle "Trumperie"


Cette phrase m'a été inspirée par un article récent  (Nouvel Obs) du pourtant souvent pertinent Tristan Garcia  qui s'intéressait notamment au cas de Michel Houellebecq comme annonciateur du malaise d'une société trop vite "mondialisée".   Ce bon monsieur Garcia nous dit sa déception devant l'espoir que certaines oeuvres de jeunesse du bon Michel lui avait fait naître.

Dans "Extension du domaine de la lutte"   comme dans "les particules élémentaires" monsieur Garcia avait trouvé comme un chant d'espoir venant d'un écrivain qui percevait l'infini mal-être d'une génération post-soixante huitarde, dont l'héritage était le mépris de ses aînés et une société qui loin d'apporter partage et fraternité se révélait encore plus clivante et injuste.  Et notre pauvre zélote est devenu détracteur (pas comme John Deere) de son ex-héros (ou de son ex-eros). 

Cher Tristan Garcia, il est toujours émouvant de constater que le "déniaisage" peut intervenir à tout âge, quoiqu'il en soit je vous souhaite la bienvenue dans le triste monde des lucides.  Mais entre devenir lucide et se laisser envahir par le fiel qu'engendre la désillusion, il y a une énorme marche que vous franchissez à nouveau sans discernement.   Donc je me dois de vous aider à faire le deuil de cette pensée négative qui vous a envahi: confondre un auteur, un véritable écrivain avec un idéologue.  
Michel Houellebecq se fout de la société comme de sa première capote...un écrivain est comme une éponge il va se remplir de tout ce qui traîne là, sur les comptoirs de province, comme sur les riches nappes de la bourgeoisie germano-pratines...et par la magie de la création, il va en ressortir un jus plus ou moins dense qui est le reflet d'une époque, mais qui n'a pas la cohérence d'une pensée construite (chacun a sa place, cher monsieur Garcia), et c'est tant mieux!

Souvenez vous simplement de Céline, dont l'immensité littéraire n'implique pas, et heureusement, une justesse idéologique. 

Donc oui, peut être que Houellebecq a été une erreur...mais c'est la vôtre, comprenez vous?

J'espère avoir pu, avec ma perception qui n'est pas la vôtre, vous faire gagner du temps!



Tristan Garcia  
  

mercredi 16 novembre 2016

Un grand auteur...par où commencer? Jorge Luis BORGES

Et bien comme mise en bouche, rien ne vaut une petite entrée légère...légère!


"L'aleph"    est tout à fait ce qui convient:  quelques 200 pages digestes de nouvelles qui retracent à merveille l'univers Borgessien avec sa précision et sa clarté de description, et ce don pour faire d'un personnage a priori modeste, discret, toute une vie romanesque.

Je pense que c'est à ce trait que l'on reconnait un grand écrivain: il peut s'emparer de tous les sujets, fussent ils humbles, entre ses mots ils deviennent des épopées!
ET inversement cet écrivain sera capable de s'emparer de mythes pour les remettre dans nos pauvres univers terrestres.


"je sais qu'on m'accuse d'orgueil, peut être de misanthropie, peut être de démence. Ces accusations ( que je punirai, le moment venu) sont ridicules. Il est exact que je sors pas de ma maison; mais il est moins exact que les portes de celle ci, dont le nombres infini, sont ouvertes, jour et nuit aux hommes et aussi aux bêtes."

Voilà, en quelques lignes...de quelques éléments, il introduit une"tension",  un quotidien qui devient une infinité de "possibles".


L'aleph    collection "l'imaginaire"  Gallimard


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mercredi 2 novembre 2016

Leila SLIMANI le vaut bien!

C'est à midi ...  je ne sais pas si elle aura le Goncourt...mais juste pour son style et ses sujets, elle le vaut bien!


Depuis "Dans le jardin de l'ogre"  je me suis intéressé à elle.  Elle est très représentative de cette nouvelle génération d'écrivaines qui est sans complexes et qui fonce dans les sujets avec un style direct et efficace. Avant, c'était plutôt une manière d'homme, mais désormais, certaines le font, et le font mieux!

Dans son premier opus, l'héroïne était fille de son temps, mauvaise épouse selon les critères bourgeois, mauvaise mère selon les codes de la profession...bref une iconoclaste morale...une défonceuse de haute volée. J'ai aimé, c'était de l'anti-Kerangal, du brut, du lourd du tatoué.





Comment ne pas être surpris par une telle écriture de la part de cette mignonne frimousse d'ange!
Et pourtant nous voilà subjugué, excité, emporté par ses personnages forts, pleins, entiers.

Je vous conseille de commencer par "DANS LE JARDIN DE L'OGRE" qui est sorti en poche




Leila SLIMANI est une adorable brute!